Je me suis assise et j'ai écrit.

10/01/2023

J'ai pensé à toi, j'ai pensé à nous, j'ai pensé à ce que nous étions devenus. Des inconnus l'un pour l'autre, sans cesse en train de se rejeter la faute. J'ai pensé à toi, j'ai pensé à nous, ce que nous étions devenus depuis ce que nous avions été dès le début. Des aimants. Une onde magnétique nous propulsant l'un sur l'autre, l'un dans l'autre. Nous avons formé le un, à deux. Nous n'avions pas idée que le un était de mise pour former trois à deux. On s'est perdus l'un dans l'autre. Comme un refuge contre la tempête. Un abris. Nous n'avions pas conscience que c'était nos tempêtes qui étaient rentrées en raisonnance. Qui nous avaient jeté l'un contre l'autre, nous propulsant dans des espaces jusqu'alors oubliés. Nous ignorions que depuis notre rencontre, c'était elles qui menaient notre danse. Comme arrachés à notre propre corps, nous tentions sans succès de trouver des accords. Peine perdue. Puis au cœur même des ces tempêtes, j'ai aperçu des fenêtres. J'ai senti sous la déchirure de ma chaire une ouverture sur un ailleurs.Un ailleurs aux incertitudes formelles. Un ailleurs dans lequel j'ai rencontré l'un connu. Dans cet espace de rencontre ma tempête a cessé. L'accalmie a pris le relais. De celle qui rend repos à la terre. Sur ce terreau apaisé et appauvri j'ai déposé mon regard. Ma présence. J'ai offert à ma terre ce dont elle avait besoin. Repos. Régénération. J'ai senti de nouveau battre mon poul. Dans ce silence. Dans ce vide de toi. J'ai su alors ce qu'il me fallait faire. Redevenir souveraine de ma terre. De ma chair. Je t'ai montré le chemin de la sortie. Une dernière fois tu as tenté de souiller mon sol, mais avant que tu n'en n'ais eu l'occasion, une faille simisque s'est ouverte sous tes pieds. Tu as disparu. Tu n'es plus. Le sol s'est refermé sur toi et une fleur a poussé. L'hortensia verdissant.Le temps à passé. D'autres fleurs ont poussé. La terre est devenu fertile. Source de Vie.Puis je t'ai rencontré...Et j'ai choisi de te laisser rentrer dans mon jardin. Parce que je le voulais.Parce que je te veux comme jardinier. Tu as vu l'hortensia verdissant. Tu as compris. Tu as compris d'où venait mon besoin de silence, mon besoin de connexion, mon besoin de moi. Tu as mis ta plus belle salopette et tu es rentré, après avoir pris le temps de repérer la cartographie de mon jardin. Pour ça, et pour tout le reste. Merci. Merci à ce qui a été et qui n'est plus, sans qui ce qui n'est ne serait. Merci à ce qui est et grâce à qui se sera, sera.

Je me suis assise au bord de la Vézère et j'ai écrit

.Coeurdialement votre.